TREIZOUR
Treizour, passeur du patrimoine maritime à Douarnenez
Depuis sa création en 1979 à Douarnenez, Treizour, association des Amis du Port-Musée, œuvre activement pour la conservation et la transmission du patrimoine maritime. À l’origine de la toute première collection du Port-Musée de Douarnenez, l’association a contribué à fonder ce qui fut le premier musée du bateau.
Aujourd’hui encore, Treizour fait vivre cet héritage à travers ses deux navires emblématiques, Telenn Mor et Volonté, qui assurent chaque année des centaines de sorties en mer. Fidèle à son nom, Treizour signifie « passeur » en breton. L'association s’attache à transmettre l’histoire maritime de la Cornouaille et à faire découvrir la navigation traditionnelle à la voile.
C’est dans cet esprit qu’est né le projet du nouveau canot de Douarnenez, le D21, dont la construction a débuté au printemps 2020. Mis à l’eau le 16 juillet 2022, le canot a été baptisé Joséphine, en hommage à Joséphine Pencalet, figure emblématique des Penn Sardin de Douarnenez.
Un projet de construction participatif et éducatif
La construction du canot D21 s’est déroulée dans les locaux de l’association, au Port-Rhu. Pour accompagner ce chantier, l’Entreprise de Langoustiers de Douarnenez a mis à disposition son atelier ainsi que les machines nécessaires à la fabrication.
Le projet se veut résolument ouvert et collectif. Adhérents ou non, débutants comme professionnels, tous sont invités à participer à l’aventure. Le chantier est encadré par un charpentier de marine expérimenté, Yvon Marsault, assisté de Sammy Bertoliatti, garantissant la transmission rigoureuse des gestes et techniques traditionnels.
Le lancement du projet a été financé par les fonds propres de Treizour, pour un budget prévisionnel estimé à 60 000 euros. Par la suite, différents leviers de financement ont été mobilisés : subventions publiques, mécénat, sponsoring et dons de particuliers, accessibles directement via le site de l’association.
Convaincue par la portée humaine et patrimoniale du projet, Pointe de Penmarc’h est devenue mécène de l’association en 2021, affirmant ainsi son soutien à la transmission des savoir-faire maritimes.

Un canot traditionnel pour transmettre un savoir-faire ancestral
Le D21 est la première réplique navigante d’un canot de pêche à la sardine tel qu’on en trouvait sur les côtes de Cornouaille à la fin du XIXe siècle. Ces embarcations, construites en grand nombre entre 1890 et 1895, ont aujourd’hui toutes disparu, sans qu’aucune n’ait été reconstruite jusqu’alors.
Ce canot ouvert de 7 mètres est équipé, comme à l’époque, uniquement de voiles et d’avirons. Chaque étape de sa fabrication mobilise les participants : charpenterie, voilerie, recherche de matériaux, communication ou encore financement. Les plans ont été dessinés par l’architecte naval François Vivier, à partir de recherches menées au sein de la collection de référence Ar Vag, enrichie par les témoignages d’anciens marins et charpentiers. Il s’est également appuyé sur les dessins de Claude Maho, spécialiste des embarcations traditionnelles.
Au-delà de la construction elle-même, le canot Joséphine est destiné à devenir un outil pédagogique et de formation, accessible à tous, y compris aux enfants. Sa taille et la simplicité de ses manœuvres en font un support idéal pour l’apprentissage de la navigation traditionnelle.
L’ambition de Treizour va toutefois encore plus loin. Les plans et gabarits utilisés pour la construction du canot sont mis à disposition du public, permettant à d’autres particuliers, associations ou établissements scolaires de s’approprier ce savoir-faire. Une manière concrète de faire en sorte que ces traditions continuent, aujourd’hui comme demain, de prendre le large.